jeudi 19 avril 2007

Quand les instituts de sondages gouvernent.

Les instituts de sondages sont devenus une véritable industrie extrêmement lucrative. Il existe plus de 200 entreprises privées qui s’occupent de sondage d’opinion. Même si leurs principales activités restent les études de marché, les sondages d’opinion prennent une place de plus en plus significative.
Ils réalisent de nombreux sondages d’opinion pour les partis politiques qui ne sont pas rendus publiques. Ils forment la partie immergée de l’iceberg. Tous les jours les dirigeants de parti politique lisent leurs derniers sondages commandés aux instituts. Ceux qui sont diffusés dans les médias aussi nombreux qu’ils soient ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Il existe une étroite connivence entre les instituts de sondage la politique et le patronat. Ce n’est pas pour rien que Laurence Parisot est la présidente du Médef. Il était une fois où c’était les patrons de la métallurgie sidérurgie (Ernest Antoine de Seillière) qui gouvernaient mais ce temps est résolu. Maintenant ce sont les patrons d’instituts de sondage. Laurence Parisot dirige l’IFOP (l’institut français d’opinion publique).

Il faut comprendre que les instituts de sondage gouvernent de façon manichéenne les politiciens et les médias. C’est une sorte de cercle vicieux entre médias, politicien, patronat et instituts où les derniers tirent le mieux leur épingle du jeu.
Pour se faire connaître des entreprises privées, afin de réaliser des études de marché, les instituts de sondage doivent êtes présents dans les médias. (D’où l’assignation du nom avec le sondage). Les médias payent chèrent des sondages qui leur apporte de l’encre à leur moulin et aussi de la publicité dans des médias concurrents (toujours en référence de l’obligation d’assigner l’institut de sondage mais aussi le commanditaire. Le journal du dimanche peut se faire de la publicité indirecte dans Le Monde). Les politiciens croyant au 4éme pouvoir des médias sont devenus des accros aux sondages. Ils se fient aux sondages et adaptent leur politique sous leur influence. Les entreprises privées, elles attendent le résultat des élections présidentielles et comparent avec les « pronostiques » précédents des différents instituts pour faire leur choix. Mais c’est sans savoir que le soir du premier tour et du deuxième tour, les plus grands instituts de sondage se téléphonent avant les résultats définitifs pour arranger les chiffres et éviter de trop se tromper. Si il y a un écart important avec les résultats finals, ils se seront tous tromper et pourront accuser les gens d’avoir été trop « flottant ». Si ils sont proches, ils gagnent de la crédibilité.

Une définition de sondage est nécessaire. C’est « une technique statistique qui permet de connaître certaines informations sur une population mère de référence se contentant d’étudier un échantillonnage représentatif constitué par un sous ensemble de la population déterminée soit au hasard soit en fonction de caractéristiques particulières ».
Le sondage atteint une réelle fiabilité à partir de 1000 personnes interrogées et doit se faire dans un temps relativement court. Il existe deux méthodes.

La méthode aléatoire consiste à tirer dans une base de données au hasard (Tout les 100 par exemple) les personnes que l’on veut interroger. La méthode comporte une incertitude. Il faut attribuer un correctif de plus ou moins trois pourcent (3%).
La méthode des quotas construit un échantillonnage représentatif de la population mère en utilisant des critères. Le recensement permet de connaître la population et les instituts se basent dessus. Le panel représentatif est composé avec quatre critères : le sexe croisé de l’age, la catégorie d’agglomération, la profession ou l’ancienne profession du chef de famille et le niveau d’étude. Il faut donc téléphoner jusqu’à que les gens interrogés représente le panel construit. (Cela peut prendre du temps quand il faut trouver une femme, chef d’entreprise dans une agglomération de moins de 50 000 habitants.)
Plusieurs critiques peuvent être formulées. Elle n’a aucune valeur scientifique cela a été prouvé mais on continue à l’utiliser en France et dans les pays sous développée. Tout les autres pays utilisent la méthode aléatoire.
Deuxièmement les critères choisis sont-ils pertinents ? Le sexe est un critère biologique qui n’a pas de poids dans notre comportement électoraux et n’a pas de représentativité générale. La coupure en classe sociale est plus pertinente, surtout si on se veut « néo marxiste » ou « bourdieusien », mais devient de moins en moins prégnant.

De façon plus générale, les sondages sont faits au téléphone et représentent donc les intentions de vote des personnes ayant un téléphone fixe. On demande une anticipation d’une action future, il est donc compréhensible que plus l’on avance dans l’échéance et moins ils ont de chances de se tromper. Les sondages ne représentent qu’une tendance du moment auquel il a été réalisé. Deux jours plus tard, il ne vaut plus rien. De plus ils ne sont que l’interprétation des instituts de sondages.

Une question scientifique se pose aussi. Il faudrait faire confiance et croire sur bonne foi des instituts de sondages qui refusent de divulguer leurs données brutes. Les méthodes utilisées répondent de la statistique mais une expérience scientifique ne se doit pas d’être reproduite dans les mêmes conditions par autrui pour être vérifiée. Même si elle est falsifiée, elle peut être acceptée faute de mieux. C’est le principe de la falsification. Les instituts semblent quand même avoir peur de dévoiler leurs données brutes.

Les instituts de sondage règnent en maître sur le patronat engendrant de l’argent et font la pluie et le beau temps dans les médias et la politique.

mardi 10 avril 2007

Sénèque assis dans le salon de Néron…

Je ne pensais pas écrire un post sur Nicolas Sarkozy.

Etant déjà surmédiatisé, s’invitant tous les jours dans les informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées, numérisées, je ne voyais pas quel place il aurait dans ce blog,
Il s'y est donc invité de façon tout à fait néfaste pour sa personne (n'en déplaise pas à moi même, sinon je n'en rapporterais pas ses propos) par un entretien avec Michel Onfray le mardi 20 février 2007.

Michel Onfray décrit sur son blog, cette rencontre, Place Beauvau à l'époque, comme « Sénèque assis dans le salon de Néron ».

Lors de cette rencontre, Sarkozy déclare : «J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense »

Il faut donc comprendre que «le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques».

Nous naissons donc bons ou mauvais quoi qu'il arrive. Nous ne pouvons échappé à notre destinée, tout est réglé par la nature.

Le suicide, la violence, les faiblesses physiologiques, la délinquance, la pédophile, le meurtre ... seraient innés, et même plus génétiquement présent, chez une personne.
J'ai peut être un de ces gènes en moi sans le savoir mais Nicolas Sarkozy lui le sait.
Ca me fait penser à «Minority Report», le film de Steven Spielberg.

L'un des plus grands généticiens du monde, Axel Kahn (même si son frère, Jean François Kahn,est rédacteur en chef de Marianne, journal ouvertement de gauche et anti Sarkozy), sort de sa réserve qualifiant de «stupides» les propos de Nicolas Sarkozy,

Pour éclairer sa pensée aussi simpliste quelle soit, Michel Onfray lui a offert quatre livres :

Surveiller et punir de Michel Foucault ; L’Antéchrist de Nietzsche ; Totem et tabou de Freud et Qu’est-ce que la propriété ? de Proudhon.

Bonne lecture Mr Sarkozy

http://philomag.com/article,dialogue,nicolas-sarkozy-et-michel-onfray-confidences-entre-ennemis,288.php
http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/04/03/le-cerveau-d-un-homme-de-droite.html

mardi 3 avril 2007

Le pouvoir se partage-t-il (Part 2)

Le cas de la Côte d'Ivoire


En effet Laurent Gbagbo ne semble pas faire des concessions pour le plaisir. (Non loin de voir des complots partout, c’est plutôt très stratégique). Petits rappels historiques.

L’ère Houphouët-Boigny

La Côte d’Ivoire devient indépendante le 7 août 1960. Le premier président de son histoire est Félix Houphouët-Boigny. Il restera au pouvoir 33 ans. Houphouët-Boigny est très proche de la France, plutôt de gauche, proche de François Mitterrand. (Il a quand même fait toutes ses armes politiques en France en étant ministre délégué à la présidence du Conseil du gouvernement de Guy Mollet en 1956, ministre D’Etat sous Maurice Bourgès-Maunoury puis de Pierre Pflimlin, puis de Charles de Gaulles, puis de Michel Debré. Il participa activement à l’élaboration de la Ve République). On peut le qualifier d’un parfait fonctionnaire. Les gouvernements passent, lui reste. Il n’est donc pas arrivé au pouvoir par hasard. La France a placé un de ses meilleurs éléments qui pourra être maîtrisé et manipulé et déjà dévoué à sa cause. Grâce à une politique libérale, le pays devient prospère. Comparé au autre pays décolonisé, c’est l’un des seuls qui connaît une réelle réussite économique. On parle de « miracle ivoirien ». Le président est respecté gagnant les surnoms respectueux de « Vieux » et de « Sage de l’Afrique ». Mais l’économie va connaître des problèmes à la fin des années 80 avec l’écroulement du cour du cacao (l’une des grandes richesses de la Côte d’Ivoire). La corruption et les inégalités sociales règnent. A l’élection de 1990, le pluralisme politique devient légal (Avant on préférait l’injustice au désordre) mais il gagne quand même les élections face à un certain Laurent Gbagbo avec 84% des suffrages. Le Président mort en 1993 d’un cancer.

L’ivoirité

L’accession au pouvoir sera très disputée entre Henri Konan Bédié, Robert Guéï, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

Les élections de 1995 voient remportées Henry Konan Bédié avec 96,44 % des suffrages, élections boycottées par Gbagbo. La question d’ « ivoirité » est mise en scène. Le Sage s’était battu pour une unité nationale entre les différentes ethnies (même si il favorisait les baoulés). Bédié est renversé par un coup d'État orchestré par le militaire Guéï, le 24 décembre 1999, venu « balayer la maison », « Nous sommes venus pour faire au mieux pour que les ivoiriens puissent effectivement orchestrer la bonne politique qui puissent être dans l’intérêt supérieur du pays, pour le bonheur du peuple et pour le salut de la République ». Tiken Jah Fakoly chante encore « Militaire Guéï tu nous avais promis rappelle- toi, rappelle toi » et « l’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé ». En 2000 des élections sont effectivement organisées qui opposent Guéï contre Gbagbo ayant écarté Alassane Ouattara parce qu’il n’était pas de nationalité Ivoirienne (même si il a été 1er ministre de Houphouët-Boigny). Gbagbo devient président.

Le 19 septembre 2002, un coup d’Etat est tenté par des rebelles venus du Burkina Faso. Les rebelles échouent mais une guerre civile éclate. Le pays est divisé en deux. De nombreuses tensions sont présentes entre les « rebelles », le gouvernement, la force Licorne déployé par la France et les casques bleus déployés par l’ONU notamment la manifestation des 6 et 9 novembre 2004. Les accords de Marcoussis ne sont pas respectés. Un accord politique semble donc avoir été trouvé ces derniers jours avec la nomination de Guillaume Soro chef des « rebelles » au poste de Premier ministre.

Gbagbo prépare les élections

En effet, les élections devaient déjà se dérouler l’année passée. Gbagbo a gagné un an prétextant une instabilité dans le pays. L’ONU l’avait lâchement autorisé en prolongeant Charles Konan Banny, l’ancien Premier ministre en novembre 2006 par la résolution 1721 lui donnant des pouvoirs élargis pour faire avancer le processus de paix et d’organiser des élections d’ici octobre 2007.

Avec la nomination de Guillaume Soro, Gbagbo pense se faire oublier sur le plan international, virer l’armée française et les casques bleus et être maître de la maison. Soro n’est qu’un syndicaliste peu puissant et toute cette stratégie semble être fait pour affaiblir les houphouétistes (Bédié et Ouattara) et être réélu tranquillement. Les houphouétistes s’agitent ces dernières semaines et oublient les querelles internes un moment pour rester dans les institutions et ne pas être isolés. Ils prennent des conseils et mettent la pression auprès de présidents étrangers (souvent des amis proches) (Wade, Tandja, Kufuor, Bongo, Chirac, à l’ONU…) et auprès de Soro.

Venant au secours de ces amis, Bongo propose « Suspension de la constitution, cohabitation de deux ans avec Gbagbo comme chef de l’Etat, Ouattara comme vice président, Bédié président d’une assemblé constituante chargé d’effectuer une nouvelle constitution et Soro, Premier ministre. » Mais ce n’est qu’un écho de Libreville qui résonne bien loin.

Même si les Forces Nouvelles se place sur l’échiquier politique ivoirien, le poste de Premier ministre semble bien être un cadeau empoisonné. Il lui faut encore arracher les pouvoirs à Gbagbo. Guillaume Soro n’est pas un technicien comme ces prédécesseurs. Mais ce semblant de paix s’apparente plus à une stratégie politique en isolent les adversaires. Laurent Gbagbo semble dorénavant prêt à faire face à n’importe quel candidat.

Le Népal ???

Une autre brève vient alimenter la question principale. A la lutte et la répression, beaucoup de gouvernement semble préférer les concessions.
En effet au Népal, cinq ministres maoïstes rentrent dans le gouvernement.
"Cela constitue une première dans ce pays où la lutte armée entamée en février 1996 par les guérilleros maoïstes a fait 13 000 morts. "C'est un jour historique pour le Népal", a estimé le chef maoïste Prachanda. "Un nouveau processus pour bâtir un nouveau Népal a commencé et notre responsabilité s'en trouve renforcée", a-t-il ajouté."

Mais à quelle fin ces concessions sont elles réalisées?

jeudi 29 mars 2007

Le pouvoir se partage-t-il ? Part 1

Deux brèves et un auteur m’ont inspiré ce post.

Irlande du Nord

Au cours d’une rencontre historique, lundi 26 mars, les dirigeants des principaux partis d’Irlande du Nord, le protestant Ian Paisley (DUP) et le catholique Gerry Adams (Sinn Fein), se sont mis d’accord sur la date du 8 mai pour un partage du pouvoir. Après plus de trente ans de tensions, d’attentat, d’apartheid religieux, et de lutte armée, l’Irlande trouve une solution pour vivre dans la paix. L’IRA (l’armée républicaine Irlandaise) avait rendu les armes l’année passée. C’était un début. Il ne lui restait plus qu’à faire de la politique pour se faire entendre.


Côte d’Ivoire

Guillaume Soro a été désigné premier ministre de la Côte d’Ivoire. Après une semaine de tractations à Ouagadougou au Burkina Faso, un accord additionnel entre les représentants du président Laurent Gbagbo et des Forces Nouvelles a été signé, lundi 26 mars, dans la continuité de l’accord du 4 mars signé entre les deux partis. Après la tentative de coup d’Etat contre le président en 2002, par les Forces Nouvelles a été suivi d’une guerre civile et du partage du pays en deux (Au Nord, les ex rebelles des FN dirigés par Soro, au Sud le gouvernement en place). L’accord de paix du 4 mars prévoit la réunification du pays et la tenue d’élections dans un délais de dix mois.

Max Weber (1864-1920)

C’est l’un des plus grands sociologues de l’histoire. Il a beaucoup travaillé sur l’économie, le droit et la religion. Il est le promoteur d’une sociologie « compréhensible qui étudie les phénomènes sociaux en se référant à des « types idéaux ». Il a énuméré plusieurs instruments conceptuels heuristiquement féconds. (En d’autres termes, c’était un intellectuel transdisciplinaire où la connaissance n’avait pas de frontière. Il a conçu des modèles et des définitions approuvés par tous.) Notamment l’étique de la conviction et de la responsabilité, une définition de l’Etat, l’éthos religieux et la neutralité axiologique du pédagogue et du chercheur.

A la lecture du livre, Le savant et le politique (1919), nous retiendrons pour cet article, une certaine vision de la politique et de ses acteurs.

Les trois éléments mobilisateurs énoncés vous semblent certainement lointains les uns des autres. Mais la question du pouvoir est centrale.

Max Weber critique vivement la fonction de l’Etat. Aucune tâche ne lui est exclusivement attribuée. « Il n’existe en effet presque aucune tâche dont ne se soit pas occupé un jour un groupement politique quelconque. ». Sociologiquement le moyen spécifique qui lui est propre, se trouve d’être la violence physique et la répression. La civilisation des mœurs et la pacification de la vie sociale sont le résultat du monopole de la violence physique légitime par l’Etat (Même si ce n’est le résultat escompté). Il est l’unique source du droit à la violence.

La politique est « l’ensemble des efforts que l’ont fait en vue de participer au pouvoir ou d’influencer la répartition du pouvoir entre les Etats, soit entre les divers groupes à l’intérieur d’un même état ».

Le politicien est un aspirant au pouvoir contrairement au fonctionnaire.

« Tout homme qui fait de la politique aspire au pouvoir – soit parce qu’il considère comme un moyen au service d’autres fins, idéales ou égoïstes, soit qu’il le désire « pour lui-même » en vue de jouir du sentiment de prestige qu’il confère. »

L’Etat consiste en un rapport de domination l’homme sur l’homme fondé sur le moyen de la violence légitime. C’est une domination de l’homme sur l’homme (et inversement !!). Ce pose donc la question de la soumission et des justifications de la domination.

Max Weber dégage trois fondements de la légitimité : la tradition, le charisme et la bureaucratie.

Le premier est la légitimité d’un homme comme l’ « éternel d’hier ». Il exerce un pouvoir traditionnel qui est enraciné en l’homme comme quelque chose d’habituel, perpétuel, et qui se doit d’être respecté. (Le pouvoir du roi après sa mort revient au fils du roi et non à sa femme ou à sa fille par exemple. La loi salique fait que la légitimité du pouvoir est traditionnelle).

La légitimité du pouvoir peut se faire sur le charisme d’un homme, sur sa « grâce personnelle extraordinaire », son « héroïsme », ses « qualités prodigieuses »…

La bureaucratie relève plus d’une légitimité par « les compétences positives ». L’autorité s’impose de façon « légale » et son chef se propose comme un serviteur de l’Etat obéissant à des obligations conformes, à des règles établies rationnellement.

Bien sur ces trois formes pures n’existe pas ou très rarement dans la réalité.

Une fois cet « idéal type » énoncé, l’actualité se prête à la théorie

Le cas de l’Irlande du Nord ne me préoccupe moins et ayant une connaissance moindre à celle de la Côte d’Ivoire, je serais bref. Si l’on s’en tient aux déclarations, les deux partis voulant partager le pouvoir, le Sinn Fein (catholique) et le DUP (protestants), souhaitent « réaliser ce que veulent les gens », c'est-à-dire « Nous voulons la paix, partager le pouvoir et travailler ensemble ». Bien sur polytrickssssssssssssss.

Parce que depuis trente ans peut être les gens veulent la guerre ? Foutaises. Voilà un exemple type d’une légitimité du pouvoir bureaucratique. Il essaie de l’accentué pour essayer d’atténuer le coté charismatique du premier ministre M. Paisley et surtout de son vice premier ministre, Martin Mc Guinness. (Ce n’est pas l’inventeur de la bière brune). C’est l’ancien commandant de l’IRA, la branche armée du Sinn Fein qui a perpétré des meurtres, des enlèvements, des attentats, des vols (notamment des millions à une banque d’Angleterre)… Un charisme plutôt partagé du coté des protestants.

Cet accord a été trouvé surtout car c’est la seule chance d’accéder au pouvoir pour les deux partis, sinon la province restera sous le contrôle de Londres pour une durée indéterminée. C’est aussi un deuxième hold up revanchard, assez juteux et tout a fait légal contre le « dominant » puisque Londres a accepté de donner une enveloppe de 51,4 milliards d’euros sur quatre ans. C’était en effet une sacrée bonne « opportunité » M. Ian Paisley. Le beurre (le pouvoir) et l’argent du …… colonisateur.

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En Côte d’Ivoire, la situation est finalement la même sous une joute plus accentuée. L’idée de compétition y est encore plus présente. Les efforts déployés par le Président Laurent Gbagbo pour garder le pouvoir « pour lui-même » (si l’on reprend Max Weber) sont dignes de sont surnom, le boulanger d’Abidjan Son surnom lui a été donné en raison de son aptitude à rouler tout ses adversaires politiques dans la farine.

Les houphouétistes en savent quelque chose. ........


coming soon

samedi 24 mars 2007

Bayrou Président ?

Et si François Bayrou était Président de la République. Ce serait une politique fiction pour certain.

Selon Raymond Barre, Valérie Giscard D'Estaing a été élu dans un contexte particulier. "Après l'inflation due au 1er choc pétrolier et aux relations tendues à l'intérieur de la droite entre Giscard et Chirac", la France avait "besoin de changement, de modernité" . Giscard etait "celui qui par sa jeunesse et aussi par sa dépendance car il ne faisait pas parti d'un parti puissant pouvait changer les choses. Une faible majorité de Français, pas beaucoup de gens, se sont prononcé pour lui et lui ont permis de gouverner la France. Il était un usurpateur aux yeux du PS et de l'UDR (puis du RPR). Il avait gagné le poste de 0,5 %..."

Ce contexte ressemble à celui de nos jours. Dans une inflation due à l'Euro, des relations tendues entre Sarkozy et Chirac malgré le soutien, une envie de modernité et de solidarité, de changement; Bayrou se disant du centre, dépendant du PS et de l'UMP pourrait être élu avec une très petite majorité (bousté par les "dégoûtés" de la politique qui ne voteront pas Le Pen cette fois).

La question est de savoir avec quel gouvernement ? Il pourra certainement en constituer un sans très forte alliance avec la gauche et la droite sans changer la constitution. Giscard la fait en appelant des personnes inconnues jusque là. Il existe de bons fonctionnaires qui n'ont pas de patriotisme de partis et qui seront à sa botte.

Faut-il passer à une nouvelle constitution ?Charles de Gaulles avait fait une constitution à sa personne pour un chef d'Etat qui préférait la France aux Français. Un chef d'Etat qui se plaçait au dessus de la mêlée pour faire émerger les intérêts nationaux. Jacques Chirac était son dernier héritier. Nicolas Sarkozy essaie de reprendre l'esprit sans un corps (Allez, il faut placer une petite attaque personnel: un si petit corps ne peut contenir un tel esprit). Nous sommes revenus à la république des partis, une confusion identique à celle de la IVe république. Il manque une grande personnalité à cette élection. (Les médias n'y sont pas étrangers)Alors François tu as peut être les français derrière toi, mais la constitution est contre toi. "On ne peut gouverner sans une majorité parlementaire". Les coalitions précédentes l'ont prouvé et une nouvelle serait suicidaire.

C'est dans ce contexte que François Bayrou pourrait se voir de façon inattendu au plus haut poste mais l'avenir en compromis si une nouvelle constitution ne venait avec lui.Les présidentielles sont une chose mais les législatives restent prédominantes. Le temps sera compté entre celles ci.

samedi 17 mars 2007

M.P.???

Triste anniversaire.
Il y a un mois jour pour jour qu'un haut fonctionnaire français est décédé. Nous allons voir si vous êtes fort en charade. (je vous est déjà mis sur la voix).
Mon premier est mort le 17 février 2007 à l'âge de 96 ans à La Francilienne, clinique de Pontault-Combault en Seine-et-Marne à la suite de problèmes cardiaques et pour une intervention sur son pacemaker(c'est devenu banal).
Mon second, comme secrétaire général de la préfecture de la Gironde pendant la Seconde Guerre Mondiale, a fait déporter 1 560 juifs,comme préfet de Constantine en Algérie et secrétaire général du protectorat au Maroc, a incarné la France coloniale et a joué un rôle important dans la guerre d'Algérie; comme préfet de Paris est responsable des massacres et tabassages de manifestants algériens du 17 octobre 1961 et des meurtres de la manifestation du 8 février 1962; comme maire, député, puis ministre de la République a été un gaulliste dévoué (je deviens plus précis).
Mon tout est le seul haut fonctionnaire français condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis en tant que fonctionnaire du régime de Vichy tout en ayant été décoré des mains de Charles de Gaulles de la croix de commandeur de la Légion d’honneur.

Votre réponse .........................Le Maréchal Pétain (Non), Michel Debré (Non), Roger Frey (Non mais presque),Maurice Papon (Oui!!!!!!)

Maurice Papon a été jugé coupable d'avoir ordonné l'arrestation de 1 560 juifs, dont des enfants et des personnes âgées, entre 1942 et 1944. La plupart des victimes ont été déportées à Auschwitz. Il est le commanditaire du massacre du 17 octobre 1961, où une centaine d'algériens fut tués pendant le couvre feu (on parle alors de "ratonnade" et même de "St Barthélemy moderne").
Je parlais de triste anniversaire car la mort d'un homme n'est pas anodine ("Ne demande jamais pour qui sonne le glas, il sonne pour toi" John Donne) mais surtout parce qu'il a été enterré avec sa légion d'honneur sans jamais avoir regretté ses actes.(Les valeurs de la République Française si chères à notre Président Jacques Chirac dans son discours de fin de mandat semblent ébranlées).
La polémique a été de nouveau soulevée avec les déclarations de Raymond Barre (ancien Premier Ministre sous Valérie Giscard D'Estaing) défendant Maurice Papon. Il le qualifie de "Grand Commis de l'Etat".Pour lui, tous les fonctionnaires de l'Etat qui étaient en fonction à l'époque n'auraient dû abandonner leurs responsabilités : «Quand on a des responsabilités essentielles dans un département, une région ou à plus forte raison dans le pays on ne démissionne pas. On démissionne lorsqu'il s'agit vraiment d'un intérêt national majeur». Et tel n'était pas le cas «car il fallait faire fonctionner la France».Raymond a dérapé, il est sorti d'une petite somnolence et a continué en oubliant de qui il parlait. Parce que on ne peut pas défendre Maurice Papon.. Si un fonctionnaire est fait pour fonctionner et faire fonctionner la France, il doit respecter ses valeurs (si elles ne sont pas qu'un mythe), en tout cas respecter des valeurs.( Tu ne tueras point, tu ne voleras point... c'est déjà un début (Une base très chrétienne je vous l'accorde, habitus sort de là)). Sa mort a fait grand bruit le jour même mais son enterrement avec la légion d'honneur s'est faite en catimini.
La vie finalement était sa seule punition et la mort sa délivrance (bien que la vie en résidence surveillée n'est pas très contraignante).
Ecouter l'interview de Raymond Barre :